L’e-book va-t-il tuer le livre papier ?

Pour commencer, disons carrément que l’expansion du livre électronique est loin, très loin de tuer la librairie. D’un autre côté, on soulignera qu’une personne peut très bien aimer le livre papier tout en ayant une bonne culture numérique. Contrairement à de pseudo-enquêtes d’opinion, aucune Française, aucun Français ne se prononce contre les e-books, e-pubs et autres. En un mot, le numérique et la lecture sur papier ne sont pas deux choses incompatibles. Et on ne parlera pas de survie, mais de continuité de l’amour du livre papier parce que c’est une affaire de culture, voire d’identité. Une identité qui se compose et se recompose au gré du temps, selon Mme Polony.

La littérature sous-tend la culture libraire

Ce n’est pas parce que les chiffres d’affaires de certaines maisons d’édition baissent que cela signifie forcément que la culture libraire est en voie de disparition. Sérieusement, des millions de personnes, à travers le monde, se passionnent pour la lecture. Cet engouement peut être galvanisé par la nostalgie, mais pas toujours. Il n’y a qu’à regarder le nombre croissant d’adhérents des clubs lecture pour constater que la littérature sous-tend le sens même de l’existence du livre papier. C’est cette passion qui les pousse à dire qu’elles n’avaient pas vécu ou ne vivent pas avec beaucoup d’argent, mais que les livres représentent une richesse ineffable.

Entrer dans une librairie, ce n’est pas nier l’évolution technologique. C’est avant toute chose le signe d’un attachement à la littérature ou un domaine scientifique (géopolitique, droit, neurosciences, etc.) Cela n’empêche que certains préfèrent s’en remettre aux livres traditionnels parce que certains formats d’e-book ne leur conviennent pas. D’autres évoquent également le besoin de consacrer du temps pour la lecture, sans risque de fatigue visuelle. Cela dit, les fonctions et applications se développent, dont les BD (baptisées bandes défilées) en e-book.

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La démocratisation d’e-book n’est pas aussi intensive qu’on le croit

L’accès à l’e-book reste encore limité. Cette situation n’est pas près de changer au cours des décennies qui viennent. La démocratisation des moyens technologique profite à une poignée de peuples dans les pays développés et une infime partie des populations des pays pauvres. Par ailleurs, l’exportation de livres papiers vers les pays en développement est un secteur qui n’a pratiquement jamais connu de récession. Bien au contraire, ces pays sont très preneurs des livres venant majoritairement de l’Occident. Qui plus est, les rééditions d’anciens ouvrages constituent un secteur en plein expansion. La même remarque est valable pour les traductions en français ou en anglais d’œuvres éditées en russe, en espagnol ou en portugais. Si ce n’était pas le cas, les lecteurs francophones ne connaîtraient jamais les textes de Conan Doyle, Dante ou von Gothe.

On observe également, dans les universités, une haine viscérale des professeurs à l’égard des sites Internet. Cela se traduit par un refus de la webographie comme source d’informations de mémoire. Du moins, certains professeurs d’université acceptent que les sites web constituent des sources pour les mémoires de fin d’études. Cependant ils exigent une certaine primauté de la bibliographie, laquelle est alors séparées des sources online.